Le blob

Le Blob

Une fois n’est pas coutume. Je vais en effet évoquer dans cet article un organisme terrestre et non pas aquatique.

Ci-dessous Blob en laboratoire et sur une écorce d’arbre.
blob blob

Animal ou végétal ?

Ni l’un, ni l’autre ! Et ce n’est pas un champignon non plus. Ainsi baptisé en référence à un film d’horreur américain, le « Blob » est en fait une cellule géante à plusieurs noyaux.
Peut-être l’avez-vous déjà croisé au détour d’un chemin forestier, sous la forme d’un tapis mousseux jaune.
C’est en 1973 que cet organisme a été évoqué par les médias lorsqu’une habitante au Texas a découvert une monstrueuse masse spongieuse dans son jardin. Effrayée, la femme a appelé les pompiers et la police qui ont brulé le Blob avant de lui tirer dessus… sans résultat : plusieurs heures après, la masse avait doublé de volume !

Physarum polycephalum, nom scientifique du blob appartient à la classe des myxomycètes (« champignons gluants »). Longtemps cette classe était rangée dans le règne des fungi (champignons). Mais depuis 2015, suite au séquençage du génome, ce groupe a été déplacé vers l’embranchement des amibozoaires.
Le Blob a tout pour intriguer les biologistes. Il rampe, dévore tout sur son passage et peut atteindre la taille de 10 m2 en laboratoire. Bien que dépourvu de cerveau, il est capable d’apprendre et même d’enseigner. Et son comportement varie selon son origine géographique ! Si son mode de reproduction ressemble à celui des champignons (il disperse ses spores dans la nature), sa façon de se nourrir est typique des protozoaires (pratique la phagocytose).

Un organisme quasi immortel

Comme l’a montré la rencontre de 1973, le Blob est immortel ou presque. Il ne craint pas le feu, ni l’eau, il est même divisible. Si vous le découpez en plusieurs morceaux, l’organisme est capable de cicatriser en deux minutes et de reformer une seule masse.
Le Blob n’aime ni la lumière, ni le manque de nourriture ; lorsque les conditions environnementales ne sont pas propices, l’organisme va se mettre à sécher pour former ce que les chercheurs appellent un sclérote, une sorte d’état dormant dans lequel le Blob peut rester des années jusqu’à ce que la situation redevienne favorable …

Une forme d’intelligence

Les scientifiques ont démontré via de multiples expériences que le Blob est capable d’apprendre.
Des Blobs ont été entrainés à ignorer leur répulsion naturelle pour le sel, et à traverser un pont recouvert de cette substance pour accéder à de la nourriture ; ils ont traversé le pont en cinq jours !
Et ce n’est pas tout, Physarum polycephalum peut transmettre ses connaissances par simple fusion avec un homologue inexpérimenté. Dès qu’il y a un habitué dans le lot, les autres savent.

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Arénicole et Coronavirus

Vous avez tous observé les tortillons de sable produits par le « ver de côte »  ou « ver de sable » ou encore Arénicole (nom scientifique francisé).
Pendant longtemps ce ver n’a eu qu’une utilité pour l’homme : servir d’appât aux pêcheurs.
Mais comment cet animal marin qui, à marée haute, filtre avec ses branchies l’oxygène dissous dans l’eau, peut survivre plusieurs heures durant la marée basse ???
Parce que le sang de cette espèce et plus particulièrement son hémoglobine a des propriétés étonnantes.  L’hémoglobine de l’Arénicole peut fixer 50 fois plus d’oxygène que celle de l’homme tout en étant 250 fois plus petite.
Et surtout et contrairement à la nôtre, elle n’est pas « emballée » dans des globules rouges qui déterminent le groupe sanguin (A, B, O…) et donc ne pose pas de problème de compatibilité.

Face à la pandémie actuelle et la pénurie d’appareils de respiration le sang de cet animal pourrait sauver des vies.

L’entreprise bretonne Hemarina a développé un transporteur d’oxygène universel issu de l’hémoglobine de l’Arénicole : la molécule Hemo2life, qui possède une capacité oxygénante remarquable pourrait donc contribuer à sauver les malades victimes du syndrome de détresse respiratoire aigüe, caractéristique des cas graves du Covid-19.
La molécule Hemo2life est déjà utilisée pour l’oxygénation de greffons rénaux avant une transplantation, ce qui permet de les préserver beaucoup plus longtemps.
« Dans le cadre de l’épidémie du Covid-19, cette même molécule doit pouvoir aider les malades victimes du syndrome de détresse respiratoire aigüe sachant qu’elle a une capacité oxygénante 40 fois supérieure à celle de l’hémoglobine des vertébrés », déclare le PDG de l’entreprise.
Autre atout de la molécule produite par la société Hemarina, sa taille qui est 250 fois plus petite qu’un globule rouge. Elle peut passer dans des endroits où la circulation est réduite.
La société dispose dans ses congélateurs d’un stock de doses et pourrait augmenter fortement sa production grâce à sa ferme d’élevage de vers.   Chacune des doses est présentée sous forme d’une poudre conditionnée dans un flacon de 30 mg à diluer dans une solution de perfusion.

Ci-dessous un individu, tortillons de fèces sur le sable

Hémoglobine : molécule qui  fixe l’oxygène, le transporte dans le sang, et le délivre aux cellules du corps pour assurer leur bon fonctionnement. Elle contient du fer et donne sa couleur rouge au sang.
Pandémie : épidémie à caractère mondial. La grippe espagnole, de 1918 à 1920, a été l’une des pandémies les plus mortelles de l’histoire de l’Humanité, avec de 20 à 40 millions de morts.

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Les cétacés

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